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Commentaires
suite à la Lettre d'espoir provenant d'une aidante suisse
Mise à jour, 24 janvier 2004
Pour lire la Lettre
d'espoir, voir la rubrique Familles, et cliquer sur
Lettre
d'espoir: Une aidante Suisse s'adresse aux "Proches-Perturbateurs"
Vos commentaires nous intéressent,
que vous voyez au Québec, en France,en Belgique, en Italie, ou en Suisse,
etc. Et que vous soyez aidant, soignant, dirigeant, personnage politique,
votre point de vue est important parce que le sujet nous concerne tous. Cliquez
ici pour acheminer votre commentaire. Je le ferai paraître sur cette
page, si vous m'y autorisez. Veuillez s'il vous plaît me dire si vous
voulez faire connaître votre identité.
Commentaire
d'un correspondant français, le 31 décembre 2003
Je viens de lire
attentivement la lettre de ta correspondante suisse et je crois qu'elle a
raison sur de nombreux points dans son analyse de la situation.
Pourtant, j'ai l'impression
que les choses en Suisse et au Québec sont assez différentes de la
France.
Tu as dû le sentir souvent,
en France tout repose sur le médical. Je me trompe peut-être, mais chez
nous, le niveau de reconnaissance des infirmières cadres ou soignantes
est loin d'être comparable à celui qu'il a dans vos pays.
Chez nous le médecin
dirige véritablement l'équipe et le cadre infirmier se contente souvent
de faire mettre en application ses directives. La plupart des directeurs
d'établissements s'en remettent entièrement au médical pour gérer
le quotidien et pour construire des projets. Si le médecin est
remarquable, cette organisation est adaptée. S'il est simplement
ordinaire ou médiocre, alors, tout ce système hiérarchisé à l'extrême
joue dramatiquement pour couvrir les insuffisances de soin. Ou alors,
c'est l'acte médical qui est hypervalorisé au détriment de la qualité
de vie.
En tout cas, dans notre
système, à moins d'être médecin, il est au moins aussi difficile que
dans les vôtres de "secouer le cocotier" pour faire évoluer
les choses pour un véritable mieux-être du client. Je suppose donc que
dans l'adaptation française du texte de ta correspondante, il serait
indispensable de rajouter un chapitre, dans les alliés potentiels des
Proches-Perturbateurs, concernant les médecins. L'exigence de leur
recrutement ne devrait pas s'arrêter à la possession d'un titre de gériatre
mais exiger de réelles qualités humaines et d'ouverture sur d'autres
disciplines.
On continue à rêver !
Un
médecin français exprime son point de vue, le 5 janvier 2004
Un médecin français a accepté que je reproduise ici un message qu'il a
envoyé sur la liste Aloïs. Les archives de la liste sont privées, vous
devez vous inscrire pour les consulter.
http://www.medicalistes.org/alois/
Le médecin
répondait au message dont voici un extrait: (titre du message: Baptême
de feu)
<<Bon,
maman a été hospitalisée et opérée hier, encore ses histoires de nécrose,
de caillot dans l'artère ...
Une chose est certaine, ils manquent aussi beaucoup de personnel.
Donc je trouve maman devant la télé, attachée au fauteuil avec un drap,
un oreiller dans le dos, on n'est pas des chiens, et une couche okazou.
Quand je vais expliquer qu'elle n'est pas incontinente, on me répond
okazou, toussa, blabla, même qu'ils ne savaient pas qu'elle était "perturbée".
J'ai beau dire que ma mère ne fera jamais dans une couche, préférant se
retenir, j'ai beau oublier de dire que maman m'a dit que l'une des aide-soignantes
avait voulu l'emmener aux toilettes quand elle l'a demandé et que l'autre
aide-soignante a dit que ce n'était pas la peine, j'ai beau essayer
d'effacer cette image de mon cerveau, j'ai beau fiche le camp au plus vite
sans faire d'esclandre (de peur qu'ils ne se vengent sur elle), j'ai beau
passer ici les détails scatêbreux, j'ai beau essayer de comprendre la
situation miteuse de notre système hospitalier plus ou moins public, j'ai
vaguement la gerbe.
Mais je crains que ce ne soit qu'une première sur un trajet qui sera pavé
de ce genre de visions, d'actions.>>
Réponse
du médecin:
Bonsoir à tous.
Je lis ce qui arrive à la mère de Monique. C'est une horreur, tellement
banale, hélas!
Et en même temps, à la colère se mêle surtout le désespoir.
Actuellement je suis dans un service, hôpital public, ce n’est pas une
question de profit, où les choses
se passeraient à peu près de la même manière.
Parce que ce vieux dément qui déambule dans les couloirs, j’ai imposé
qu’il ne soit pas sédaté à mort ; le problème est qu’il passe ses
journées à chercher les toilettes, qu’il n’y a personne pour le
guider, parce que l’après-midi j’ai deux aides-soignantes en tout et
pour tout, que par conséquent il fait ses besoins n’importe où et que
plusieurs fois par jour il faut laver derrière lui (l’après-midi il
n’y a pas de personnel de ménage). Alors je ne leur ne veux même plus
de prendre « des précautions ».
Parce que nous ne pourrions mettre en place le minimum de dialogue avec
les familles que si nous n’étions pas étranglés par le temps.
Parce que je ne pourrais commencer le cycle de formation que j’ai en tête
que si je pouvais trouver dans le planning des soignants une heure par-ci
par-là ; et cette heure je ne la trouve pas.
Il faut se rendre compte de la catastrophe où nous allons.
Il est vrai, totalement vrai que tout n’est pas la faute au manque
d’effectifs. Il est vrai, totalement vrai que ce n’est pas là où il
y a le plus de monde que le service est le meilleur. Il est vrai,
totalement vrai qu’avec le peu que nous avons nous pourrions faire
beaucoup mieux.
Mais actuellement j’ai l’impression que tout est coincé. Un peu comme
dans ces pays pauvres où il y aurait de quoi faire tellement mieux, à
condition que tout le monde ne soit pas acculé à s’occuper uniquement
de ne pas mourir de faim. Quand toutes les équipes sont à bout de
souffle on n’arrive même plus à leur faire se rendre compte qu’elles
pourraient travailler plus à l’aise, plus au calme, qu’en fait nous
avons plus de temps que nous ne pensons.
Je lis Marguerite, et depuis longtemps. Je crois que je sais de quoi elle
parle. Mais les dotations en personnel de chaque côté de l’Atlantique
n’ont strictement rien à voir. C’est pourquoi j’en suis à me dire
que nous ne pouvons pas nous en sortir : il nous faut de quoi reprendre
pied. Peu de chose en fait. Mais ce peu de chose il nous le faut. La CGT a
longtemps parlé à tort et à travers de la casse du service public ;
cette fois nous y sommes.
Alors comment fonder l’alliance entre les familles et les soignants ? Je
ne sais pas ; je sais simplement que c’est vital.
M.M.: Voici cependant la réserve qu'il a exprimée en m'autorisant de
publier son message:
<< Avec une réserve: ce que j'ai écrit il fallait que je l'écrive.
Ce que j'écrirais ensuite, c'est qu'on aurait immensément tort de n'en
faire qu'une question de moyens, que je vais m'atteler dès que possible
à la tâche de chercher si je ne peux pas faire mieux avec ce que j'ai,
que l'excuse du manque de moyens est l'excuse des paresseux.>>
Commentaire
du même médecin français, sur la lettre de Suisse
Je suis fasciné une fois
de plus. Car ce que je dis est vrai : nous avons trop peu de personnel
pour espérer faire quelque progrès que ce soit. Cependant nous voyons
ici que le problème est ailleurs : je ne sais pas ce qu’il en est réellement
mais on nous dit ici que la Suisse est un pays où les dotations en
personnel sont conséquentes. Et ce que votre correspondante raconte,
c’est ce que les familles racontent ici.
Alors je vais parler de moi. Je sais que je prends de très mauvaises
habitudes dans mon comportement avec les patients et les familles. Je les
prends parce que je suis épuisé, débordé, que je deviens incapable de
prendre du recul. Mais sur quoi tombe-t-on quand on est épuisé ? Sur le
comportement de base, sur celui qui fait le fond de notre culture. Cela
signifie que le problème n’est pas dans les effectifs, il est dans la
culture, dans la manière dont nous voyons, implicitement, la relation de
soins. Alors il faut des moyens pour changer la culture, mais c’est la
culture qu’il faut changer.
Je me souviens de la honte que je me suis prise le jour où je réfléchissais
à ce que serait un code de bonne conduite pour le personnel soignant.
J’ai eu une illumination : le code que je cherchais vainement, c’est
simplement celui du plus élémentaire savoir-vivre, de la plus élémentaire
politesse, ce code qu’il ne nous viendrait pas à l’esprit d’oublier
dans la vie courante, et que nous mettons dans notre poche dès que nous
passons la blouse.
Attention : le mystère est profond. Car nous ne réfléchissons pas assez
à ce qu’implique le fait d’être salarié, en termes de limites à
l’implication personnelle. Il n’est pas immédiat de dire que le monde
du travail est celui de la vie, et le problème est que les soignants sont
des professionnels de la vie.
N’empêche. C’est là qu’il y a à travailler. Je remarque par
exemple que les soignants sont souvent des soignantes, et de jeunes
soignantes. Leur paradigme implicite, c’est la relation mère-enfant. Et
il faut casser ce paradigme.
Ben oui. Nous n’échapperons pas à ce mécanisme de plaintes. Parce que
les choses sont trop tendues, et que les soignants ne sont pas en état
d’entendre autre chose. J’ai longtemps pensé que je devais être
solidaire de mes équipes ; j’ai interdit que les familles s’en
prennent aux soignants, parce qu’ils sont trop mal, et j’ai exigé que
toutes les plaintes me soient adressées. Je ne suis pas sûr d’avoir eu
raison. Ce dont je suis sûr par contre, c’est qu’il manque une équipe
mobile chargée de traiter ces plaintes, de les accompagner, d’entendre
ce qui se dit derrière, de les traduire en termes acceptables par tous.
Ce n’est pas plus compliqué, ce n’est pas moins vital, que de prendre
en charge cette dame que j’ai dans mes lits, qui a un cancer grave, et
qui nous mène une vie impossible ; problème classique des soins
palliatifs, et qui demande les mêmes moyens.
L’ennui, c’est que nous n’avons su inventer que des commissions de
conciliation chargées d’accompagner les procédures ; alors qu’il
faut un lieu de dialogue…
Mais il faudrait arriver très vite à autre chose qu’à dénoncer.
C’est vrai, mais c’est réducteur. Ce qui est dit là ressemble aux
discours sur la maltraitance : la maltraitance, tout le monde est contre ;
mais il faut bien que je m’interroge sur ma propre maltraitance, et plus
encore sur ce que mon métier a d’intrinsèquement maltraitant. Il y a
danger à dénoncer les mauvais soignants: s’il ne s’agissait que de
les licencier, on aurait tôt fait ; le pire du problème est ce qui
arrive aux bons soignants.
D'un
ancien Directeur (France), le 6 janvier 2004
Intéressant témoignage
qui m'inspire les commentaires suivants.
Que peut-on attendre des politiciens, des directeurs, des soignants et des
familles? Les directeurs/directrices sont très conscients des problèmes
( soulevés dans ce témoignage en provenance de Suisse ) que l'on veut
bien le dire et ils s'emploient à les solutionner beaucoup plus que les
clichés habituels l'affirment."Le personnel qualifié manque"
n'est pas une simple justification en France mais une réalité . La pénurie
d'Infirmièr(e)s et d'Aides Soignant(e)s est cruellement ressentie dans
bon nombre d'établissements sanitaires et médico-sociaux ( certains
n'ont plus d'IDE françaises ).
Les directeurs/directrices connaissaient tellement bien la réalité de
terrain qu'ils ont essayé en vain d'attirer l'attention des pouvoirs
publics et de l'opinion publique français les 18 mars et 18 juin 2003. Le
moins que l'on puisse dire, ils ont obtenu un soutien timide de la part
des soignants et des familles ( à quelques exceptions près ).
Heureusement, la canicule est passée par là , et tout le monde s'est réveillé
... jusqu'à quand? Le "soufflé médiatique" semble être déjà
retombé.
Quant à l'ignorance évoquée des insatisfactions par les directions, je
répondrai que cela dépend de la taille des établissements. Ce facteur-là
me semble déterminant dans beaucoup de domaines, allant de la gestion ou
de la communication à la qualité des conditions de vie des Résidants et
des Personnels.
Dans tous les cas, pour que ça fonctionne, on ne peut pas échapper au
triangle relationnel Familles-Résidants-Etablissement. Les structures légales
et locales existent pour l'information et la participation de tous. En
France, ça marche depuis 1985 pour ceux qui veulent bien les mettre en
oeuvre ... Les solutions existent mais il faut du temps, beaucoup de
temps, beaucoup de gâchis, parfois même beaucoup de morts car les freins
et les blocages sont nombreux.
"Engager plus de personnel n'est pas la seule solution, donnez à une
institution mal gérée 2 fois plus de personnel et vous aurez 2 fois plus
de problèmes. Il faut d'abord une meilleure utilisation des ressources
humaines à disposition". "Il faut valoriser le travail des
bonnes soignantes ... assurer leur formation continue et ajuster leurs
salaires en faisant le lien avec la qualité du travail". Oh, là là
!!! Je suis parfaitement d'accord avec cela mais il ne faut pas trop le
claironner en France car vous vous faites "lapider" ( je me
permets ce petit conseil à nos ami(e)s suisses ).
"Les soignantes sont souvent jeunes ..." Pas toujours. Un
bon(ne) directeur(trice) porte une attention particulière à l'équilibre
des âges et de l'ancienneté de son équipe. "On vieillit comme on a
vécu". C'est bien vrai et c'est pourquoi il est primordial
d'optimiser un séjour par une bonne connaissance du vécu du nouveau Résidant
et un accueil bien préparé ( Voir notre expérience en la matière sur
le site web: www.cite-st-joseph.asso.fr )
Si une mère peut choisir pour confier son nourrisson à une tierce
personne, je ne vois pas ce qui empêche les enfants de comparer et de
choisir un établissement pour accompagner la vie de leurs parents
jusqu'en fin de vie. Comme dans tous les secteurs d'activité, il y a des
disparités. Tous les établissements ne sont pas des mouroirs ou des
"hospices"que personne plus ne veut ( là aussi, il y a des
clichés tenaces ).
Pour finir, je peux affimer que les directeurs/directrices peuvent aussi
être capables "d'humanitude" dans leur action auprès des
Personnes Agées. Ce n'est pas le monopole des Soignants et des Familles.
Beaucoup rêvent aussi d'un bon accompagnement de leurs Aînés et des
futurs clients qu'ils seront eux-même un jour ( Voyez comme ils peuvent
être égoïstes ).
Mais voilà, il y a un partenaire qui arrête souvent leurs rêves: ce
sont les pouvoirs publics , nationaux, locaux et déconcentrés. Faire de
plus en plus de qualité, répondre à de plus en plus d'exigences légitimes
des clients avec l'absence de volonté au plus haut niveau de s'en donner
les moyens, n'est pas digne du pays des droits de l'Homme (la France est
le mauvais élève européen en la matière ). Beaucoup d'énergies
gaspillées, découragées, usées ... Quel gâchis ! Mais confiance, le réveil
viendra bien un jour !
Francis MASSEY
CITE ST JOSEPH
32160 PLAISANCE DU GERS
E-mail: cite.st.joseph@wanadoo.fr
Site Web: www.cite-st-joseph.asso.fr
France:
des familles se tiennent debout, une infirmière-cadre s'engage
M.M.: 7
janvier 2004 - Sur une liste de discussion en gérontologie, une infirmière-cadre
raconte ce qui vient de bouleverser son lieu de travail: l'entrée des
familles! Loin de les fuir, elle jubile. Enfin, elle se sent libérée du
secret institutionnel. Enfin, elle peut faire la vraie nature de son
travail, en authentique collaboration avec les résidents et leur famille,
et y entraîner les équipes de soignants.
<< Marre il y en a
marre d'entendre et de lire ces témoignages sordides.
Oui la maltraitance existe!
Elle existe AUSSI dans bon nombre d' établissements où des colistiers
travaillent ou interviennent. Ces colistiers n'osent pas toujours
intervenir sur cette liste par peur de représailles. C'est ainsi que nous
nous mobilisons, échangeons en privé.
Chacun dans notre coin nous faisons ce que nous pouvons pour éviter,
colmater, panser... Hier matin je me disais que je manquais de courage, et
que ce qui faisait que je ne me tirais pas et continuais à fermer les
yeux sur certaines pratiques c'était la sécurité de l'emploi et une
paie confortable (pour mes besoins!!!! )
Hier soir un espoir, une lueur d'espoir et le regret d'avoir pendant 5
minutes pensé prendre la porte. Une réunion de familles et là le
miracle auquel je ne croyais que dans mes rêves a eu lieu! Une
quarantaine ou même cinquante familles d'une seule voix ont demandé,
exigé que l'on prenne soin avec respect de leur parent. Je n'en croyais
pas mes oreilles. Les infirmiers qui m'accompagnent depuis ces 4 longues
années avaient comme moi le souffle coupé.
A chacun de prendre ses responsabilité, DDASS, Directeurs, médecins,
cadres infirmiers. Les mouroirs doivent tous fermer. Le personnel doit être
en nombre suffisant et formé par des formateurs de terrain. Plus aucun
aide-soignant, infirmier, cadre infirmier ne doit avoir peur de dénoncer
les maltraitances sous peine d'être sanctionné ou même de perdre son
emploi.
Jamais plus un directeur ne
doit se permettre de dire qu'il ne peut pas intervenir, lorsqu'il sait
qu'un membre du personnel est maltraitant. Toutes les chartes diverses et
variées doivent être respectées.
Je vous assure que tout tout tout, peut se passer, je continuerai à me
battre pour que jamais un soignant que je suis chargée d'encadrer, n'ose
dire à une personne qui a envie de se rendre aux toilettes de pisser dans
sa couche. Quelle horreur d'entendre dire par sa fille que sa mère passe
des après-midi entiers à appréhender le moment où certains personnels
viendront la coucher.
Voilà il est tard, je suis fatiguée, encore stressée par la réunion
des familles, mais tellement contente. Quel bonheur de se dire que nous
allons main dans la main tous ensemble mettre tout en oeuvre pour que nos
Anciens vivent heureux et sans soucis.>>
De
l'importance d'un Chef
et
"C'est
inhumain de nous traiter comme des meubles qui gênent"
M.Mérette:
Vous trouverez dans les archives de la liste Gerialist
ce message -no 21714.
Son auteur est le fils et l'aidant familial principal d'une dame qui vit
en Maison de Retraite depuis plusieurs années, à cause de la maladie de
type Alzheimer. Cet aidant a-t-il des interlocuteurs? Qui répondra
"présent"?
Une parenthèse,
avant le message sur l'importance de continuité et d'organisation des
soins. Dans un message personnel, il m'a écrit ceci:
"J'utilise
l'ours en peluche pour lui donner une meilleure position dans le lit, sans
cela les bras gênent toujours.
Mais que ce monde hospitalier est curieux.
C'est comme s'il n'y avait pas de responsable.
Chaque équipe avec son infirmière fait selon sa tête.
Et je trouve toujours aussi merveilleux qu'en 3 ans aucune n'ait pensé à
m'offrir un café.
Marquez-le bien dans votre site, c'est inhumain de nous traiter comme des
meubles qui gênent."
De : Mathieumartin@a...
Date : Lundi 12, Janvier 2004 4:20
Objet : La dignite ; professeur Bernard Debré sur LCI
Ce matin le Professeur Debré était l'invite sur LCI
Ce fut un grand moment de dignité
Pour une famille connue pour ses colères Seguinesques, voir et entendre
un Professeur parler si calmement, si dignement, si honnêtement, même écouter,
un grand bonheur.
Même Anita qui faisait l'interview était perdue devant tant de dignité.
Le Professeur Debré a parlé de la loi? sur l'euthanasie; avec beaucoup
de respect et de compréhension. Moi, je ne sais pas, en tout cas je sais
que je n'ai pas le courage.
Le Professeur Debré a parlé de le dignité/indignité de la fin de vie.
Ses paroles étaient de la même haute qualité que celles des géraliens,
sauf moi. Il a dit cette parole,<< c'est nous qui donnons la dignité
à ceux qui sont sur le chemin de la mort>>
Il donnait comme exemple que si il faut changer les couches 8 fois par
jour, cela sera changé 8 fois, alors je ne sais pas, est-ce que lui et
moi vivons sur des planètes différentes?
Il parlait de l'entourage qui soutient le malade en fin de vie, de
l'attention, et là encore je me demande si lui et moi vivons dans des
mondes différents. L'attention je l'ai vécue dans deux équipes sur 8.
Dans le questionnaire, puisque cela doit être politique on lui pose la
question sur la réforme de l'hôpital.
Et il répond clairement, sans détour:
Oui, l'hôpital est en crise, que voulez-vous faire avec 1500? postes
vacants?
Oui, l'hôpital est sous la tutelle de l'Administration ; ainsi chez maman
cela fait 3 ans que nous attendons 2kg de ciment pour faire une petite
pente pour pouvoir sortir dans le jardin sans tomber.
Oui, il faut réorganiser, mais pas faire disparaître les mandarins. Un
Service a besoin d'avoir un Chef. Alors je suis tellement d'accord avec
lui, mais je ne comprends pas. Où est le Chef?
Pour savoir si vous avez un Chef, vous regardez le parquet, si vous voyez
la trace des pas du Chef, c'est que vous avez un Chef. Si le Chef est un
panneau vous disant que ses bureaux sont par là, alors?
Dans la première Maison, puisqu'il était propriétaire, être le Chef ne
devait pas poser de problèmes pourtant tout tournait (mal) autour du délégué
syndical.
Mais quel plaisir d'entendre tant de dignité, de contrôle de soi, de réflexion,
de courage. Ensuite on peut être d'accord ou être perplexe, mais
l'admiration doit être là.
Ça ne vous rappelle pas quelque chose/quelqu'un a Briare?
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