Les plantes médicinales,

une réponse à la hausse du coût des médicaments

 

Mémoire présenté à la Commission des Affaires sociales

 

Février 2000

 

Au nom de l’Institut de Pharmacopée Chinoise (IPC), nous voulons d’abord remercier la Commission parlementaire chargée d’évaluer le régime général d’assurance-médicaments de bien vouloir recevoir notre mémoire intitulé "Les plantes médicinales, une réponse à la hausse du coût des médicaments".

L’IPC est un organisme à but non lucratif, à vocation charitable qui travaille au développement de la pharmacopée chinoise ainsi qu’à l’amélioration de l’état de santé de la population québécoise depuis sa fondation en 1991. Il regroupe à la fois des professionnels de la santé et des personnes du grand public. L’IPC défend une alternative efficace et économique à la bio-médecine par la promotion des plantes médicinales.

Nous partageons les préoccupations de la Commission d’évaluation dans son rapport sur le régime d’assurance-médicaments en ce qui a trait à "la croissance rapide des coûts (...) L’un des principaux risques qui menacent le régime général" (Évaluation du régime, p.92). En effet, nous y apprenons que de "1997 à 1999, la dépense totale de médicaments (...) a augmenté au rythme de 15% par année pour l’ensemble des clientèles" (p.92). Par contre, en ce qui a trait à la comparaison entre les régimes privés au Québec et ceux des autres pays, nous avons des réserves sur les chiffres cités et nous voulons porter à votre attention un graphique illustrant le marché du médicament et publié dans Le Monde Diplomatique de janvier 2000. Le graphique illustre l’augmentation démesurée du coût des médicaments particulièrement pour l’Amérique du Nord (voir en annexe 1). On y voit que la croissance de la consommation des médicaments des 303 millions d’habitants en Amérique du Nord est passée de 78 milliards à 135 milliards de dollars et ce, en moins de sept ans. Durant la même période, l’Europe, avec ses 582 millions d’habitants, n’a connu qu’une relative faible augmentation des coûts, soit de 65 à 85 milliards de dollars.

À l’IPC, nous interrogeons les auteurs du rapport qui ne questionnent pas "les pratiques de traitements médicamenteux fort différentes de celles qui prévalent au Québec et au Canada" (p.62). Ainsi, les gens de la Commission auraient pu apprendre que, selon un rapport du Research Council for Complementary Medicine (Angleterre), 50% des Allemands et des Français utilisent une médecine alternative, ce qui inclut les plantes médicinales, que 77% des cliniques anti-douleurs en Allemagne utilisent l’acupuncture, etc. En étudiant le modèle allemand, ils auraient pu apprendre que les coûts pour les médicaments y sont substantiellement moindres parce que le corps médical y fait 27% de ses ordonnances avec des plantes dont les vertus thérapeutiques sont répertoriés dans une publication gouvernementale intitulée The Complete German Commission E Monographs. Therapeutic Guide to herbal Medicines (Blumenthal, Busse, Goldberg, Gruenwald) traduite en anglais par l’American Botanical Council (voir en annexe 2 les principales raisons médicales pour lesquelles les plantes sont prescrites et deux exemples de monographies).

En Allemagne, l’État finance les scientifiques de la commission E chargée d’étudier les plantes médicinales depuis 1978 et les connaissances adéquates à leur sujet sont obligatoires pour pratiquer la médecine depuis 1993. À l’instar de l’ex-doyen de la Faculté de Pharmacie de l’Université Laval, monsieur Gilles Barbeau, qui revient d’une année d’étude sur l’utilisation des plantes médicinales en France "Montpellier", nous prions les auteurs du rapport d’ouvrir leur champ d’horizon au-delà de la réalité bio-médicale.

Au début des années soixante-dix, la crise du pétrole a profondément secoué l’Occident en général et l’Amérique en particulier. La réponse a été multiforme, allant de la conception de voitures moins gourmandes à une recherche sur de nouveaux carburants. Face à la crise actuelle du coût des médicaments, nous croyons à l’IPC que nous devons faire preuve de cette même ingéniosité. La recherche, l’enseignement et l’utilisation des plantes médicinales ne sont pas la solution mais ils doivent définitivement faire partie des solutions.

 

Vous remerciant de votre attention,

 

Pour l’Institut de Pharmacopée Chinoise,

 

Luc Martineau, acupuncteur

Arlette Rouleau, acupunctrice

André Poulin, acupuncteur

Solange Proulx, professionnelle de recherche

 

 

ANNEXE 1

 

"Le marché du médicament", Le Monde diplomatique (janvier 2000)

 

ANNEXE 2

 

BLUMENTHAL, Mark et cie, The Complete German Commission E Monographs. Therapeutic Guide to Herbal Medicines, Austin, American Botanical Council, 1998.

 

 

 

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