De la reconnaissance de
la variété brésilienne du portugais dans le cadre du Mercosur.
Samantha
CHAREILLE
Bureau de la formation continue et de la
pédagogie,
Carrera 7A nº84–72, Santa
Fe de Bogota, COLOMBIE
Téléphone: (571)
236.94.74.
Télécopieur:
(571) 616.57.15.
Courrier
électronique: chareille@hotmail.com
Résumé : La
langue nationale, concept assez récent en Amérique latine, est définie comme
celle reconnue comme expression d’une ethnie faisant partie de la nation. On
entend par « langue nationale » non seulement l’officialisation et la
standardisation d’une variété écrite mais aussi sa diffusion à tous les
citoyens sur l’ensemble du territoire national et dans tous les domaines de la
vie publique. L’introduction, vers 1950, de la notion de contact dans le
domaine de la linguistique a ouvert le champ à de nombreuses études sur les
bilinguismes et sur l’influence qu’une langue peut avoir sur une autre, avant tout
par les emprunts que celle-ci lui fait. De fait, comme l’explique Jeff Siegel (1985, p. 364), sous
l’expression « langue portugaise » est regroupé un certain nombre de
variétés héritées d’une koiné d’immigration résultat du contact des variétés
régionales mais également du contact des langues des premières nations. Or,
toutes ses variétés ne jouissent pas du même statut et c’est justement sur cet
aspect que nous allons nous centrer afin de tenter de répondre à la question
suivante : quelle variété du portugais doit-on enseigner dans le cadre de
l’accord mercosurien de réciprocité linguistique ?
Mots-clefs :
Mercosur ; Brésil ; Portugal ;
portugais ; norme ; langue ; variété.
Título: Do reconhecimento da variedade brasileira do português
no âmbito do Mercosul.
Resumo: A
lingua nacional, um conceito bastante recente na América Latina, é definida como aquela que é reconhecida como a
expressão duma etnia que faz parte da nação. Entende-se como “lingua nacional”
não somente a oficialização e a normalização duma variedade escrita mas também
a sua divulgação para todos os cidadãos no conjunto do território nacional e em
todos os domínios da vida pública. A introdução, em 1950, da noção de contacto
no domínio da linguística abriu o campo para numerosos estudos sobre os
bilinguismos e sobre a influência que uma lingua pode ter sobre uma outra,
sobretudo pelos empréstimos que esta lhe faz. De facto, como explica o Jeff
Siegel (1985, p. 134), sob a expressão “lingua portuguesa”, é agrupado um certo
número de variedades herdadas duma koinè de imigração, resultado do contacto de
variedades regionales mas igualmente do contacto das linguas das primeiras
nações. Portanto, todas as variedades não gozam do mesmo estatuto e é
precisamente sobre este aspecto que vamos centrar-nos a fim de responder à
pergunta seguinte: qual variedade do português deve-se ensinar no âmbito do
acordo mercosurien de reciprocidade linguística?
Palavras chaves: Mercosul; Brasil; Portugal; português; norma; língua;
variedade.
Le monde est en train de devenir un marché
géant. Une nouvelle phase d’expansion de l’économie mondiale se met en place :
l’espace de la conception, de la production et de la commercialisation des
produits et services des grandes entreprises s’étend à l’espace d’un marché conçu
en termes planétaires. A la base de ce nouveau modèle d’organisation, ce sont
des réseaux mondiaux d’information qui transforment les
firmes en entreprises-réseaux, ou intégrées.
Au niveau linguistique, la mondialisation
des affaires crée un besoin de locuteurs multilingues pouvant se charger de la
distribution sur les marchés locaux. C’est ce qui porte Pierre Bourdieu (1982) et Albert
Breton
(1998), entre autres, à considérer la langue comme un bien et comme un élément
du capital humain. C’est également ce qui contribue à
modifier les choix des apprenants en matière de langue
cible concentrant les investissements vers
l’apprentissage des langues ayant la plus grande
« valeur économique ».
On retrouve ici la notion de marché de biens
symboliques de Pierre Bourdieu, marché sur lequel chaque langue se
voit attribuer une valeur relative. Or, rappelons que le marché
en question n’attribue pas la même valeur aux langues standard, par exemple, qu’aux langues vernaculaires et la valeur d’une langue change quand on passe d’un
marché à l’autre (Samantha Chareille, 2002).
La standardisation ne peut pourtant triompher absolument car ce serait l’arrêt
de mort des langues et des cultures. D’où une double contradiction, permanente
et vitale, au sein des industries culturelles et
linguistiques, l’une qui joue au niveau économique, l’autre qui joue au niveau
proprement linguistico-culturel. Les
années quatre-vingts, qui ont vu fleurir les doctrines de la globalisation financière et de la standardisation
culturelle, ont également coïncidé avec un mouvement de pensée qui met l’accent
sur les tensions et les déphasages entre les forces centripètes de la
« République économique universelle » et la pluralité des cultures.
Des anthropologues – dont beaucoup sont originaires des pays du Tiers Monde –
ont entrepris la critique des discours consacrés sur le rapport entre les flux
culturels transfrontières et les cultures
singulières. Pour eux, l’intensification de la circulation des flux culturels,
l’existence bien réelle d’une tendance à la mondialisation de la culture ne conduisent pas à l’homogénéisation du globe, mais vers un monde de plus en plus
métissé. C’est pour cette raison que si l’un des enjeux majeurs de la
mondialisation est de réussir à la mise en place d’une prise de conscience de
la dimension mondiale comme lieu de la citoyenneté ;
l’enjeu principal de l’aménagement linguistique est
d’accompagner et d’aider ce processus en contribuant à donner
le droit et la possibilité aux populations de parler comme
elles parlent, et de se faire entendre.
Le Mercosur – du fait de sa structure et de son fonctionnement, mais
également parce que là n’est pas son objectif – ne constitue pas le moteur
central de son aménagement linguistique mais plutôt la délimitation d’un espace
en mouvement où il opère comme révélateur et accélérateur voire instrument de
conscientisation pour une réflexion et des initiatives intéressant la politique des langues. La problématique dans
laquelle s’inscrit la diversité mercosurienne et, de fait, l’aménagement linguistique régional, est donc double. D’un côté, elle
touche la pluralité linguistique, de l’autre, elle touche le besoin de
reconnaissance sociopolitique de la notion de diversité sans laquelle rien
n’est possible et impliquant un changement idéologique au sein du modèle
stato-national et une réconciliation entre ses bases rationnelles (modifiées
par la création du Mercosur) et les idéologies communautaires et identitaires.
Partant de ces quelques remarques et parce que nous avons eu
l’occasion de mener plusieurs recherches sur le sujet, nous avons choisi de
nous pencher sur l’aménagement linguistique du Marché commun du Sud[1] (Mercosur) et, en particulier, sur la
question des variétés linguistiques devant être enseignées dans le cadre de
l’accord mercosurien de réciprocité linguistique.
1.
Statut de la langue portugaise en Amérique latine.
La langue nationale, concept assez récent en
Amérique latine, est définie comme celle reconnue comme expression d’une ethnie
faisant partie de la nation. On entend par « langue nationale » non
seulement l’officialisation et la standardisation d’une variété écrite mais
aussi sa diffusion à tous les citoyens sur l’ensemble du territoire national et
dans tous les domaines de la vie publique.
L’introduction, vers 1950, de la notion de contact dans le domaine de
la linguistique a ouvert le champ à de nombreuses études sur les bilinguismes
et sur l’influence qu’une langue peut avoir sur une autre, avant tout par les
emprunts que celle-ci lui fait.
Sans entrer dans les détails, lorsque l’on évoque le thème des
contacts linguistiques dans la zone géographique qui nous intéresse (le
Mercosur), il convient de rappeler que ces derniers peuvent prendre différentes
formes : contact d’une langue officielle et d’une langue indigène, contact
de deux langues officielles, contact de deux langues indigènes, voire de deux
langues officielles et d’une langue vernaculaire comme c’est le cas de la
province argentine de Misiones avec l’espagnol, le portugais et le guarani (cf.
Samantha Chareille, 2001, chapitre II).
De fait, comme l’explique Jeff Siegel (1985, p. 364), sous l’expression « langue
portugaise » est regroupé un certain nombre de variétés
héritées d’une koinè d’immigration résultat du contact
des variétés régionales mais également du contact des
langues des premières nations. Or, toutes ses variétés ne jouissent pas du même
statut et c’est justement sur cet aspect que nous allons nous centrer.
1.1.
Implantation du portugais en Amérique latine.
Rappelons que le portugais est né du latin
dont les altérations phonétiques ont donné le galaïco-portugais. Cette langue
s’est elle-même divisée en deux du fait des influences germaniques et arabes. Une
branche est devenue le castillan. Le galaïco-portugais était une langue de cour
et de poésie pour cela offerte à la double influence française : la langue d’Oc
et la langue d’Oïl. A la fin du XIIIe siècle, le sixième roi du
Portugal (1270-1290), proclame le portugais langue nationale et
crée la première université, ce qui contribue d’une façon décisive au
développement et à la fixation de la langue.
Au XVe siècle commencent les
voyages de découverte des Portugais dans l’Atlantique. Dans presque tous les
endroits où les Portugais arrivent, ils établissent des entrepôts et initient
des relations commerciales avec les peuples qui y habitent. Ainsi le portugais
est la première langue européenne à se répandre par le monde : la langue
des premiers pas diplomatiques dans l’outre-mer et la langue du commerce
intercontinental. Au XVIe siècle, grâce à son réseau de
ports-comptoirs, le Portugal détient l’ensemble du commerce dans l’océan
Indien, le Golfe persique et celui du Bengale, les mers de Chine et du Japon. En
1500, Pedro Alvares Cabral découvre
le Brésil. L’exploitation du pays commence réellement dès cette époque grâce au
bois tinctorial, pau brasil, ayant
donné son nom au Brésil et à la canne à sucre. Les populations indigènes étant
peu nombreuses et inaptes aux travaux agricoles qui leur sont demandés, les
Portugais adoptent, comme alternative à l’usage des Indiens, l’importation
d’esclaves noirs d’Afrique qui donne lieu à un métissage aussi bien
Noirs/Indiens que Blancs/Noirs. Grâce au Traité
de Tordesillas, les bandeiras
de São Paulo explorent les terres brésiliennes à la recherche de ressources
minières. L’entreprise se révélant fructueuse, elle donne lieu à de nombreux
apports de populations blanches et noires dans le reste du pays. Il est
remarquable de constater que malgré ce creuset de races, une nation brésilienne
se constitue avec ses propres langues et cultures, influencées bien sûr par
l’apport africain. Contrepoids de cette implantation, les peuplades indigènes,
telles que les Indiens d’Amazonie, sont en voie d’extinction aussi bien sur le
plan démographique que culturel, linguistique et industriel (0,14% de la
population globale).
De nos jours, le portugais du Portugal connaît une importante
influence brésilienne qui, via sa
diffusion médiatique, « contamine » le lexique péninsulaire. En
contrepartie, les métamorphoses linguistiques auxquelles le portugais a donné
lieu, du Brésil à l’Afrique et à l’Orient, au point de devenir au cours du XVIe
et du XVIIe une lingua franca dans les ports de l’Inde et du sud-est asiatique,
l’illustrent bien. Les modifications de la langue portugaise se poursuivront
jusqu’au Xxe siècle
tant au niveau de la graphie que dans l’évolution phonétique. De nos jours, le
Brésil a depuis longtemps dépassé la mère patrie par le nombre de ses locuteurs
lusophones.
1.2. Les variétés de
portugais du Brésil.
Plusieurs théories tentent d’expliquer les différences
existant entre le portugais et ce que nous appellerons pour plus de commodité
le brésilien. Le cadre restreint de cet article ne nous permettant pas d’être
aussi exhaustive que nous le souhaiterions, nous ne les évoquerons que dans les
grandes lignes.
L’une d’entre elle, soutenue par des linguistes tels que Júlio César
Barreto Rocha et Edith Pimentel Pinto (O Português do Brasil, 1978), se fonde sur l’idée que le
brésilien est moins proche du portugais que du galicien (galego) cela dit très semblable puisqu’en réalité, jusqu’au XIIIe
siècle, il s’agissait de la même langue. Ce n’est que vers 1500 que l’on a
commencé à les distinguer.
En
synthèse, le portugais serait issu du galicien ce qui veut dire en d’autres
termes que les premiers habitants du Portugal parlaient une variété dialectale du
galicien. Ces informations ne font que confirmer la théorie de Júlio
César Barreto Rocha selon laquelle le Brasil colonial parlaient une
sous-variété du galicien-portugais. Barreto
Rocha
ajoute même jusqu’à dire que compte tenu de la distance géographique séparant
le Brésil, le Portugal et la Galicie laissant le champ libre à toute une
évolution linguistique, que le Brésil parlent encore maintenant une variété de galicien.
De
notre côté, il nous semble assez difficile de transiger sur la question sachant
que les principaux protagonistes n’ont pas encore réussi à se mettre d’accord bien
que les Brésiliens seraient plutôt enclins à admettre que leur langue
maternelle n’est pas réellement le portugais péninsulaire mais
plutôt une variété brésilienne du galicien.
Qu’il s’agisse de portugais ou de galicien, la langue des colons a
été grandement influencée par les langues indigènes,
notamment le tupi (plus précisément le tupinambá, une
langue du littoral brésilien de la famille tupi-guarani), utilisée comme langue
de communication générale de la colonie, parallèlement au portugais et grâce
aux Jésuites qui avaient étudié et diffusé cette langue. En 1757, l’utilisation
du tupi a été interdite par décret royal. Cette mesure a été d’autant plus
facilement applicable que le tupi était déjà en voie d’être supplanté par le
portugais, langue des nombreux immigrants européens. Avec l’expulsion des
Jésuites en 1759, le portugais est devenu la langue du Brésil. Il ressort
néanmoins de nos multiples lectures que la langue tupi a eu une certaine
influence sur le portugais du Brésil.
José Henrique Peres Rodrigues (1999)
dans son article « O influxo ‘remoto’ dos substratos » explique que
l’influence de cette langue se retrouve surtout au niveau de la toponymie
(notamment dans les villes d’Ipanema, Copacabana, Niterói, Ipiranga,
Ibirapuera, Piratininga, Ubatuba, Paraná, etc.) : noms de plantes,
d’animaux, de phénomènes naturels, etc. Peres Rodrigues
établit également un parallélisme entre le tupi et le brésilien affirmant qu’un
mot correspondant au schéma syllabique consonne/voyelle-consonne/voyelle-consonne/voyelle
a des chances d’être indigène du fait de l’absence presque total de groupes
consonantiques en langue tupi. Nous tenons tout de même à souligner que seule
une analyse lexicologique poussée à partir d’un corpus
extrait de diverses strates linguistiques permettrait de connaître la
proportion de « tupinismes » car il nous semble que dans ce cas, la
perspective quantitative joue un rôle essentiel.
Des langues indigènes, le portugais a globalement hérité
des termes liés à la faune, la flore et aux lieux géographiques. Au cours des deux derniers siècles, il
s’est développé une langue commune pidginisée appelée lingua geral, qui repose sur le guarani avec des emprunts au
portugais. Cette langue a servi d’instrument de communication entre les Blancs
et les Indiens, puis entre les Indiens eux-mêmes. La lingua geral a exercé une profonde influence sur la formation du
portugais au Brésil.
Avec l’arrivée des esclaves africains, la langue des
colonies a encore reçu de nouveaux apports, l’influence africaine sur le
portugais du Brésil atteignant parfois même l’Europe. L’apport africain a été
plus substantiel notamment à travers la religion et la gastronomie.
Un nouvel apport linguistique a eut lieu entre 1808 et
1821 lorsque la famille royale portugaise, échappant aux troupes de Napoléon
Bonaparte, s’exile au Brésil avec toute sa cour, entraînant un renouveau du
portugais. Après la déclaration d’indépendance (1822), le portugais du Brésil a
été influencé par des immigrants européens venus s’installer au centre et au
sud du pays. Ceci explique quelques modalités de prononciation variant en
fonction des flux migratoires. Au XXe siècle, la distance entre le
portugais et le brésilien s’est accrue en raison des avancées technologiques.
Loin d’entraîner un processus linguistique unificateur, celles-ci ont généré
des termes différents dans les deux pays (comboio
et trem « train », autocarro et ônibus
« bus », pedágio et portagem « péage »). Ce phénomène est devenu d’autant plus apparent lorsque
l’individualisme et le nationalisme caractérisant le
mouvement romantique du début du XXe siècle ont contribué à la
création d’une littérature brésilienne nationale, argument repris par les
modernistes qui ont défendu en 1922 la nécessité de rompre avec les modèles
traditionnels portugais et de privilégier les particularités du parler
brésilien.
N’oublions pas non plus l’influence des migrations. Au
Brésil, celles-ci n’ont débuté qu’en 1824 dans le Río Grande do Sul et se sont
amplifiées à la fin du XIXe siècle pour rester fortes jusqu’aux
années trente. Pour la période 1820-1968, des estimations ont chiffré à 4,2
millions de personnes cet apport extérieur qui, comme nous le verrons dans la
quatrième section de ce chapitre, venaient surtout d’Allemagne, du Japon et
d’Italie pour s’installer dans le sud du pays (États du Paraná, Santa Catarina
et Río Grande do Sul).
Il est donc évident que le portugais de São Paulo diffère de celui de
Lisbonne mais également de celui de Río ou de Porto. Dans Les langues dans l’Europe de demain, Jorge Morais Barbosa (décembre 1994, p. 135) réduit les différences pouvant exister
entre portugais péninsulaire et portugais brésilien aux points suivants :
Des
variations syntaxiques telles que celles concernant la position des pronoms en
fonction d’objet : Ele
disse-me « il m’a dit », Eu
vejo-o « je le vois » (au
Portugal) Ele me disse, Eu o vejo (au Brésil) sont facilement identifiables
et ne relèvent pas de systèmes qui s’opposeraient, l’ordre pronom-objet+verbe
représentant au Portugal une variante contextuelle de l’autre en proposition
subordonnée ou dans la négative (o que ele me disse « ce qu’il m’a dit », não o vejo « je ne le vois pas »), ce qui empêche tout conflit
fonctionnel. On en dira autant du lexique. Quelle est la langue dont le lexique
serait uniforme tout au long de son extension
géographique ? C’est dans le domaine du vocalisme non accentué que les
différences sont les plus sensibles : certaines voyelles qui au Portugal
se sont réduites, parfois jusqu’au point de ne plus être identifiables que par
le timbre particulier qui caractérise la consonne précédente ou qui ne sont
plus perceptibles du tout, gardent leur réalisation pleine au Brésil. Il n’est
donc pas rare qu’un Brésilien se sente dérouter au premier contact avec un
Portugais toutefois, nous le répétons, l’intercompréhension se fera assez vite.
D’autant plus vite en effet que la politique de valorisation du
portugais comme langue internationale est vite devenu le prolongement de
l’ancienne politique coloniale du Portugal. De fait, même si le Brésil a
dépassé depuis longtemps la mère patrie par le nombre de ses locuteurs lusophones,
en vertu de la loi du 18 décembre 1971, une convention internationale lie
l’Académie brésilienne des lettres, dont le but est de maintenir la parité
orthographique et lexicale avec la langue portugaise du Portugal. Le portugais
doit demeurer aligné sur la forme de prestige préconisée par l’Académie des
sciences de Lisbonne. En définitive, le Portugal de 10,4 millions d’habitants
exerce sa suprématie sur le Brésil.
En ce qui concerne les diverses variétés de brésilien, l’aire discontinue au sein de laquelle le
portugais est utilisé a donné lieu à des variétés de
langue divergeant de façon plus ou moins accentuée en ce qui concerne la prononciation,
la grammaire et le vocabulaire. Le parler populaire présente une relative
homogénéité, bien supérieure à celle du portugais, ce qui peut surprendre
compte tenu de la taille du pays. L’insuffisance d’informations rigoureusement
scientifiques et complètes sur les différences opposant les variétés régionales du Brésil ne permet pas de les classer sur les
bases adoptées pour le classement des variétés du
portugais européen. Il existe toutefois une proposition de classement en grands
ensembles fondé – comme pour le portugais – sur les différences de
prononciation (basiquement le degré d’ouverture des voyelles).
De là résulte une « pluralité » du portugais du
Brésil encore perceptible. Il est possible de distinguer deux groupes de
variétés brésiliennes : celui du nord et celui du sud.
Dans la première zone, deux variétés : l’amazônico et le
nordestino, dans la seconde, quatre : le baiano, le fluminense, le mineiro et
le sulista. Les variations dialectales les plus importantes non représentées
sur la carte qui suit sont : la différence de prononciation existant entre le
littoral et l’intérieur du nord-est, la variété de
portugais utilisée dans la ville de Río de Janeiro, la variété utilisée à
l’intérieur de l’État de São Paulo et les caractéristiques propres aux trois États
du sud (Paraná, Santa Catarina et Río Grande do Sul), en particulier les
variétés utilisées dans l’État de Río Grande do Sul.
1.3. La notion
de langue standard.
Tout ce que nous avons évoqué jusqu’à présent
est bien sûr intimement lié à la notion de langue standard (applicable à toutes
les langues), surtout étudiée par les linguistes d’Europe centrale et orientale
du Cercle de Prague dans les années trente et qui s’oppose au parler populaire
et aux dialectes régionaux. Celle-ci se définit d’abord par ses fonctions et
diffère de la langue populaire en ce qu’elle peut jouer un plus grand nombre de
rôles, qu’elle s’utilise dans plus de domaines d’emploi et qu’elle remplit plus
de fonctions que la langue populaire.
La langue standard repose sur une
structure stable, surtout du point de vue des règles grammaticales et
orthographiques, ce qui est essentiel pour le rôle culturel et éducatif qu’elle
joue, car elle doit servir de cadre de référence sûr face à la variation
dialectale et aux variantes du langage populaire. Pour la micro-variation, on
parvient à cette stabilité par la codification qui, idéalement, doit être assez
souple pour ne pas entraver toute évolution. Les linguistes du Cercle de Prague
ont beaucoup insisté sur ce dernier aspect et ont lutté contre les puristes qui
tentaient d’imposer une norme rigide. La langue standard doit permettre de
s’exprimer de façon exacte, rigoureuse et abstraite. Cette tendance à une
précision de plus en plus grande dans la formulation de la pensée se reflète
surtout dans la structure lexicale et grammaticale de la langue : sur le plan
lexical, par le développement des vocabulaires spécialisés ; sur le plan
grammatical, par le perfectionnement de mécanismes syntaxiques permettant la
formation de phrases complètes et logiquement structurées.
Partant de ces explications, on constate
que l’on a longtemps eu tendance à ne considérer le portugais sud-américain que
comme un ensemble à l’écart du portugais de Lisbonne.
En devenant
langue de la majorité d’un pays dont les dimensions représentent les
trois-quarts de la région, la protection de la norme portugaise est assez
compromise. La péninsule n’est plus le centre de gravité ou d’autorité
linguistique.
Ces observations permettent de rendre compte, une
fois encore, de la diversité linguistique de la région et de soulever un
problème important : quel portugais enseigner dans le cadre de l’accord de
réciprocité linguistique du Mercosur et du Chili ?
2. La question de la reconnaissance
de la variété brésilienne du portugais.
Les conditions
sociales et politiques actuelles, impliquant des États autonomes qui se
trouvent en contact les uns avec les autres pour satisfaire des besoins
particuliers respectifs, comportent des responsabilités, des exigences même, de
traitement égalitaire, de respect mutuel, de reconnaissance des particularités
culturelles de chaque groupe, l’un envers l’autre. Dans cette perspective, la
notion de besoins linguistiques recouvre une réalité extrêmement complexe. En
effet, une politique linguistique qui ne s’appuie pas sur une connaissance
réelle des besoins langagiers des personnes visées risque de ne pas atteindre
ses objectifs. Il faut malheureusement avouer que l’un des problèmes majeurs
dans l’établissement d’une politique linguistique est précisément celui de la
définition des besoins des locuteurs car ceux-ci ont plusieurs visages.
Le Brésil est une identité événementielle,
conjoncturelle et contextuelle qui a été structurée au rythme de la colonisation.
Celle-ci en a constitué le vecteur, la souche référentielle, puis la réception
locale de l’État post-colonial. De l’identité statique produite par
d’« autres » on est passé à la construction endogène d’identités
hispanophones et lusophones dynamiques et multiples, suscitées par
l’indépendance des États. Plus ou moins géographiquement fragmentées, la
lusophonie jouit d’un pôle transatlantique massif
présentant deux aspects : une vitalité créatrice et une hétérogénéité
enrichissante. Le caractère pluriel de cette lusophonie
est d’autant plus important que l’identité en question a toujours refoulé les
particularismes et émergences des spécificités nouvelles hors péninsule.
Partant de ce constat, la lusophonie est aujourd’hui loin d’évoquer
l’idée d’un mouvement international ou multilatéral se présentant plutôt comme
des « macro-régions » politiques d’inspiration culturelle. Certes,
elle possède la Communauté des Pays de Langue
portugaise (C.P.L.P.), créée à Lisbonne en juillet 1996 réunissant les sept
pays lusophones existants[2]. Cela dit, si ses membres ont comme
référence commune la langue et la culture portugaises, ils développent leurs
propres références linguistiques et culturelles et on ne peut pas encore parler
de véritables politiques lusophones en matière de
diffusion de la langue.
Ceci explique pourquoi les actions de diffusion linguistique et
culturelle du Brésil et du Portugal sont sans aucun rapport entre elles.
2.1. Les politiques linguistiques et culturelles du
Portugal et du Brésil dans le cadre du Mercosur.
Le Portugal mène des actions de coopération linguistique en contexte
plus ou moins homoglotte via la
présence de deux centres culturels au Brésil et d’un centre de langue récent à
Buenos Aires. Par ailleurs, les acteurs péninsulaires et locaux ne semblent pas
avoir établi de contacts officiels et tendent au contraire à mener des actions
parallèles rarement complémentaires.
La Constitution portugaise de 1992 ne contient aucune disposition
déclarant que le portugais est la langue officielle du pays
qui l’est de facto. La majorité de la
population parlant portugais, toute la vie politique, sociale, éducative,
économique, etc., ne se déroule que dans cette langue. En réalité, le Portugal
semble surtout se concentrer sur la diffusion internationale de sa langue.
La politique
extérieure du Portugal en matière de diffusion de sa langue est essentiellement
axée autour des points suivants :
v La
promotion du portugais langue de communication internationale, activité se
fondant sur la base de la Lei n°46/86 de
bases do sistema educativo.
v Le
soutien aux organisations et initiatives utilisant le portugais durant des
événements de caractère international.
v Le soutien
aux initiatives de promotion du portugais dans les organisations internationales
telles que l’O.E.I., l’Organisation des États Américains (O.E.A.), Southern
African Development Community (S.A.D.C.), C.P.L.P., Union
européenne, etc.
v L’introduction
du portugais dans les curricula des systèmes éducatifs des
autres pays.
v Le
soutien aux institutions offrant un enseignement du portugais et l’offre de
matériels.
v La
formation de professeurs de portugais langue étrangère.
v La mise en
place des accords éducatifs bilatéraux dans le domaine de l’éducation des
migrants.
Ajoutons à cela que, comme le rappelle le Ministère des Relations
extérieures, l’une des priorités de l’action extérieure du Portugal représente
les relations avec les Etats et les communautés qui s’expriment en portugais
afin qu’un patrimoine historique et culturel se maintienne vivant et
s’enrichisse. L’échange luso-brésilien est donc particulièrement privilégié. Il
doit traduire au quotidien les profondes affinités historiques et culturelles
entre les deux peuples et aura une nouvelle dimension si le Portugal et le
Brésil parient sur le dialogue et la coopération
entre les grands espaces d’insertion, l’Union européenne et le
Mercosur, recherchant ainsi à intensifier d’une manière générale les relations
entre l’Europe et l’Amérique latine, continents représentant des ponts d’accès
privilégiés. Concrètement et en partant des bonnes relations existantes, les
deux pays doivent se battre pour obtenir les meilleurs résultats dans une
association interrégionale de commerce et de partenariat.
Depuis 1990, de nombreux accords de coopération
scientifique et technique ont été signés entre le Portugal et le Brésil, ce qui
a donné lieu à plusieurs commissions communes de terminologie. En 1998, paraissait le Dicionário virtual, fruit de la coopération technique, scientifique
et linguistique entre les deux pays. Toutefois, ce qui paraît tout de même
inusité, c’est qu’un pays de 10,4 millions d’habitants (Portugal) exerce sa
suprématie sur un pays de 165,9 millions d’habitants (Brésil). Il faut dire que
la politique de valorisation du portugais comme langue
internationale se veut le prolongement de l’ancienne politique coloniale du
pays.
Du côté
brésilien, on a clairement fait le choix de l’ouverture de l’économie à
l’international, notamment vers les partenaires du Mercosur. C’est sans doute
pour cette raison que, minorité linguistique malgré la superficie de son
territoire et le nombre de ses habitants, le Brésil est, selon les informations
que nous avons pu rassembler, le seul pays de la région à avoir mis en place
plus qu’un certain nombre d’actions, une véritable politique
extérieure – en particulier chez ses voisins hispanophones – visant la
diffusion de la langue et de la culture brésiliennes (ici la non utilisation du
qualificatif « portugaise » a son importance).
Dans
le cadre de sa diplomatie culturelle, le Brésil met particulièrement l’accent
sur l’enseignement de sa langue nationale essentiellement
administré par un réseau de centres créé dans les années
quarante et présent sur tout le continent sud-américain, aux États-unis, en
Europe et en Afrique lusophone.
Ses politiques de coopération linguistique et culturelle sont instrumentées par deux
ministères : le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère de l’Éducation
nationale qui ont commencé à mettre sur pied des programmes visant la diffusion
de la langue et de la culture nationales.
C’est ainsi qu’à, par exemple, été créé le
Certificado de Língua Portuguesa para Estrangeiros[3] (C.E.L.P.E.-Bras), qui constitue un assez
bon exemple de la volonté de voir légitimer la variété
brésilienne du portugais au moins en Amérique latine où cette certification est assez bien implantée.
Au cours des années, seul le Brésil s’est également véritablement
penché sur la création de nombreux ouvrages permettant la diffusion de sa variété de portugais (ce qui n’est pas très étonnant puisqu’il est
également le seul pays latino-américain à avoir créé une certification linguistique propre) comme, par exemple Fala Brasil. Português
para estrangeiros (Pierre Coudry et Elizabeth Fontão do Patrocínio, 1997) :
Les
dialogues dirigés permettent d’apprendre le vocabulaire et les expressions
propres au portugais parlé au Brésil. […] Nous
avons tenu à présenter les différents aspects de la culture brésilienne dans des
situations de la vie quotidienne. (Avant-propos, p. 5)
Cela dit, en vertu de la loi du 18 décembre 1971,
une convention internationale lie l’Académie brésilienne des lettres, dont le
but est de maintenir la parité orthographique et lexicale avec la langue
portugaise du Portugal. Le portugais doit demeurer aligné sur la forme de
prestige préconisée par l’Académie des sciences de Lisbonne ce qui explique
peut-être pourquoi on ne trouve de « particularismes linguistiques
latino-américains » dans les dictionnaires portugais que lorsque ceux-ci,
proposés par les académies latino-américaines, sont acceptés par les académies
de la péninsule.
Ce phénomène nous amène directement à aborder deux
notions clés : la norme et la « langue de référence ».
2.2. La question
de la norme linguistique.
La norme linguistique n’est qu’un aspect de
l’ensemble complexe des normes sociales. Elle fonctionne dans société comme
régulateur du comportement collectif. Il existe deux façons d’aborder le
problème de la norme en matière de langage. D’un point de vue formel, on peut
la définir par la négative comme une « moyenne » : la langue
sans les écarts. Mais on peut aussi voir dans la norme un modèle à imiter. Il
s’agit alors d’une norme prescriptive, un registre où l’utilisation de la
langue est contrôlée et dirigée de l’extérieur. Parmi les raisons qui poussent
les hommes à décrire les langues le désir de fixer une forme considérée comme
la plus correcte joue un rôle important. Ce que nous appellerons la norme
« coercitive » est donc un phénomène social qui s’appuie sur un
jugement d’inégalité entre productions linguistiques, une façon d’isoler
l’usage correct de ce qui est jugé relâché, incorrect, impur, fautif ou
vulgaire. En somme, plus une attitude qu’une réalité linguistique. Or, aucune
langue n’est parfaitement homogène. La dialectisation est une tendance normale
de toute langue vivante répandue sur un territoire assez vaste et parmi une
population assez nombreuse. Toutefois, ces formes régionales que prend une
langue commune à toute une nation ne nient pas son unité, qui se compose de
leur ensemble. De fait, sous le nom commun d’espagnol, de portugais mais aussi
d’anglais ou de français, pour ne citer que ces langues, se cachent, selon les
usagers, de grandes différences dans de multiples aspects : syntaxe,
lexique et phonologie.
Comme le souligne
Nicole Gueunier dans « Le français ‘de référence’ : approche
sociolinguistique » (1999), depuis l’émergence de l’anglais international
et la diffusion des langues de grande communication, on assiste, comme par un
effet de résistance, à un double mouvement centrifuge et centripète. Le
centrifuge se manifeste par des revendications de normes
« endogènes » (pour le portugais, constitution de
l’« hyperlangue brésilienne », évidemment liée à celle d’un Etat national). Quant au centripète, il exprime la crainte
d’atomisations – surtout devant la force « référentielle » de
l’anglais – et plus positivement un désir d’auto-affirmation identitaire mais
supranational, alors que précédemment, l’identité, en tant que sens d’une différence, était surtout perçue
comme liée à l’idée de nation, notamment lorsque celle-ci pouvait encore se
sentir menacée par des particularismes intra-nationaux : dialectes, variétés « minoritaires », etc. En d’autres termes, on note que dans la région
nous intéressant, l’existence d’un portugais « de référence » exporté
par le Portugal via son réseaux de diffusion linguistico-culturelle semble menacée par
l’émergence d’une normes endogène déjà instrumentalisée
comme le brésilien, légitimées par la création de certifications et manuels de langue locaux.
En d’autres termes, on
constate qu’il existe un classement hiérarchique des variétés
de portugais : d’un côté la « vraie » langue, normalisée, entendons
donc de la péninsule et puis les déviations de la norme,
répandues pourtant sur de véritables régions dans l’ensemble de la population,
groupe constitué par la variété latino-américaine.
Déterminer la « norme du portugais » est lourd de conséquences
pour la diffusion de la langue et la création d’une identité mercosurienne. En
effet, comme l’a montré William Labov (1976), la norme et le « consensus
linguistique » s’imposent souvent comme modèle unique à des groupes de
locuteurs que leurs pratiques réelles différencient, déterminant des
divergences dans le rapport au langage. Il ne faut pas se voiler la face, la
norme linguistique peut aussi être un acte de politique culturelle nationale
car processus d’unification et donc constituer un aspect de la lutte pour
l’hégémonie culturelle au sein d’un espace défini, ici la lusophonie. Il est
vrai, comme le souligne Christian Baylon dans Sociolinguistique (1996, p. 166), que ce sont avant tout des
raisons politiques et sociales qui imposent la norme (cf. notion d’identité et langue
nationale[4]) d’où son aspect arbitraire. On peut même poursuivre des objectifs
politiques par son intermédiaire ce qui explique l’existence d’un espagnol,
d’un portugais, d’un français, etc. standard ou international.
Afin de permettre à chacun de travailler à sa manière à la promotion
du portugais péninsulaire et de sa variété latino-américaine dans la région
nous intéressant, il nous semble que le but ultime et commun des travaux doit
être orienté vers la description des usages régionaux, incluant celui
correspondant à la norme endogène de chaque communauté. En effet, le sens des
interventions qui visent un changement d’orientation dans l’évolution de la
langue ne doit-il pas être celui de faire du portugais une langue une et
plurielle afin que chaque communauté l’ayant adopté puisse s’exprimer dans son
portugais standard et non pas être obligé de s’exprimer dans le portugais de
Lisbone ? En d’autres termes un aménagement des portugais périphériques
doit être entrepris selon une vision globale et organisée dans le respect de
chacun.
Barreto Rocha C. e Pimentel Pinto E. O Português do
Brasil. Sao Paulo, 1978.
BAYLON C. La sociolinguistique. Société, langue
et discours. 2 Ed. Paris : Nathan–Université. collection
Fac linguistique, 1996.
Breton A. (sous la direction
de). Langues et bilinguisme, les
approches économiques. Ottawa : Ministère du Patrimoine canadien, collection
« Nouvelles perspectives canadiennes », 1998.
BOURDIEU P. Ce que parler veut dire : l’économie des échanges linguistiques.
Paris : Fayard, 1982.
CHAREILLE S. Entre formations linguistiques et
économie. Sudlangues nº2. Dakar : Faculté des Lettres
et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 24 p., décembre 2002.
CHAREILLE S. Aménagement linguistique et constitution
d’un ensemble régional : le cas du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay
et Uruguay) et du Chili. Paris : mai 2001. Thèse de Doctorat de
didactologie des langues et des cultures, deux
volumes, U.F.R. de Didactique du F.L.E.,
Université Paris III – E.N.S. de Lettres et Sciences humaines de Lyon.
COUDRY P. e
FONTAO DO PATROCINIO E. Fala
Brasil. Português para estrangeiros. Campinas: Pontes, 1997.
GueUNIER N. Le français ‘de référence’ : approche
sociolinguistique: Les actes du colloque international « Le français de
référence. Constructions et appropriations d’un concept ».
Louvain-la-Neuve, novembre 1999.
LABOV W. Sociolinguistique.
Paris : les éditions de Minuit, 1976.
República Portuguesa.
Lei n°46/86 de bases do sistema
educativo. Lisboa.
República
Portuguesa. Lei de 18 de dezembro de 1971. Lisboa.
MERCOSUR. Tratado de Asunción : tratado para la
constitución de un mercado común entre la República argentina, la República
federativa del Brasil, la República del Paraguay y la República oriental del
Uruguay. Asunción, 26 de marzo de 1991.
Morais
Barbosa J.: Les langues dans l’Europe de demain.
p. 135, décembre 1994.
Peres Rodrigues J. H. O influxo ‘remoto’ dos substratos. Agália. (Associaçom Galega da
Língua, Brasil), nº5, 1999.
República
Portuguesa. Constituição de la
República Portuguesa. 3e ed. Lisboa, 25 de novembro de
1992.
SIEGEL J. Koines and koineization: Language and Society. (Cambridge),
v.14, p. 360-370, 1985.
[1] Union régionale mise en place
par l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay, dont l’origine remonte au
Traité d’Asunción du 26 mars 1991, et
auquel se sont associés en 1996 le Chili et la Bolivie.
[2] Le Brésil, l’Angola, le Cap
Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Portugal et Santo
Tomé et Príncipe.
[3] Il s’agit d’un certificat créé
en 1993 par la Comissão nacional
para a elaboraçao do Exame C.E.L.P.E.-Bras. pour les
étrangers, attestant de leur niveau en portugais et valide sept ans. Il a été
implanté pour la première fois en 1994. En 1998, l’examen a été mis en place
deux fois (mars et avril).
Pour le moment, le C.E.L.P.E.-Bras. peut être passé à Buenos
Aires (Argentine), à Montevideo (Uruguay) et à Asunción (Paraguay) en même
temps qu’au Brésil.
[4] Samantha Chareille, Aménagement
linguistique et constitution d’un ensemble régional: le cas du Mercosur
(Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) et du Chili, mai 2001, chapitre
III).