L’INCOMMUNICABLE LÉGÈRETÉ DE L’ÊTRE –

Pièges et malentendus sémantiques chez Kundera

 

par Ilaria Vitali

 

 

« il y a entre le vivre et le dire, une intimité qui  fait précisément la spécificité de l’humain. »

                                                                                                   Dessons ; Meschonnic, Traité du rythme

 

 

 

Dans son essai “Re-Integrating Europe” Petr A. Bilek notait paradoxalement à propos de Kundera : «The prose writer who made misunderstandings, misreading, and misinterpretation one of his main themes, has been constantly misunderstood. »[1]

C’est précisément pour répondre à ces dyslectures[2] que Kundera va opposer au langage “tout fait” une sorte de dictionnaire intime, qui trouve sa réalisation concrète en 1985, dans l’essai « Soixante-treize mots ». On pourrait objecter que tout écrivain, qui soit digne de ce nom, s’apprête à changer de quelque façon la langue, à inventer des expressions nouvelles et frappantes, à innover le vocabulaire. Mais, dans le cas de Kundera, il ne s’agit pas tout simplement de donner un tour personnel au langage commun : l’opération de l’écrivain est un véritable travail onomaturgique auquel l’écrivain est parvenu par un effort verbal continu.

Comme Kundera l’a lui-même affirmé, il n’est pas parvenu au français sans difficultés : dans la langue française aucun “automatisme verbal” lui vient en aide, chaque résultat est vécu comme une conquête.

Dans ce travail continu chaque mot est défini et redéfini sans arrêt et finit par acquérir un sens « autre » qui n’appartient plus à la tradition « hexagonale ». Le but du romancier semble être en effet non pas celui de créer un « autre langage », mais plutôt un « langage autre ».

S’il est vrai qu’au commencement était la Parole et qu’Adam donna à chaque chose son juste nom, donner aux mots un sens intime signifie changer l’ordre établi.

Il faut remarquer que Kundera a toujours porté à la matière verbale un intérêt unique. Les pièges de la communication et le malentendu sémantique ont été depuis le début de sa carrière de romancier des thèmes majeurs. Nous les trouvons en effet dans le recueil de Risibles amours (chaque nouvelle est bâtie sur une mystification), ou encore dans La Plaisanterie (la carte de Ludvik). Ce n’est pourtant qu’à partir de son installation en France, que Kundera a développé de plus en plus ces thèmes, jusqu’à les transformer en techniques narratives. En fait la preuve l’application d’une méthode d’écriture de plus en plus ouverte, par laquelle l’écrivain essaie d’éliminer les malentendus et se lance en quelque sorte à “ la recherche du mot perdu”.

En effet, si la réflexion sur les pièges de la communication et les malentendus sémantiques est présente dès les premiers romans de Kundera, ce n’est que dans les romans de l’exil que nous voyons apparaître de façon de plus en plus insistante le travail onomaturgique de l’écrivain. Loin d’abandonner sa « langue conquise »[3], Kundera s’attache de plus en plus à expliquer le sens intime de ses mots, un travail continu de définition qui entraîne une réflexion extrême sur la langue, ses pièges, ses atouts. Une réflexion jadis commencée par une métaphore…

 

La métaphore du fleuve sémantique

 

            On pourrait affirmer, à l’instar de Sylvie Richterova, que chaque roman de Milan Kundera commence par un acte verbal.[4]

Il s’agit parfois d’une carte postale, parfois de lettres perdues : ce qui il faut pourtant souligner est que l’acte de communication n’atteint que rarement son but. C’est le cas de la carte de Ludvik à Marketa dans La plaisanterie, ou de la phrase de Chantal à Jean-Marc dans L’Identité : les malentendus communicatifs couvrent en entier l’œuvre de Kundera.

En discutant de ces problèmes, pour sa part, Sylvie Richterova propose de lire les romans de Kundera comme une « métaphore sémiotique ». 

Pour traduire en termes sémiotiques les actes verbaux des romans de Kundera, nous sommes ainsi obligés de rappeler le petit schéma à la base de la théorie générale de la communication :

 

Contexte

Message

   Emetteur                        Récepteur

Canal

Code

 

Ce schéma appelle des remarques. La sémiotique des années plus récentes a en effet critiqué cette représentation de l’acte communicatif car elle envisage l’emploi du même code aussi bien de la part de l’émetteur que du récepteur. Dans son essai Lector in fabula, Umberto Eco résume ces critiques dans une formule :

 

La legge è facilmente formulabile in uno slogan : la competenza del destinatario non è necessariamente quella dell’emittente.

Si è già ampiamente criticato il modello comunicativo volgarizzato dai primi teorici dell’informazione : un Emittente, un Messaggio e un Destinatario, dove il messaggio viene sia generato che interpretato sulla base di un Codice. E sappiamo ormai che i codici del destinatario possono variare, totalmente o in parte, dai codici dell’emittente, che il codice non è un’entità semplice ma più spesso un complesso sistema di sistemi di regole, che il codice linguistico non è sufficiente per comprendere un messaggio linguistico (…)[5]

 

Nombre de dyslectures dans les romans de Kundera sont engendrées précisément par l’emploi d’un code différent par les deux locuteurs, ce qui rend impossible la « compréhension ».[6]

Ce qui est frappant de noter est que le message prévaut sur l’émetteur lui-même en prenant le dessus. Résultat : le message parvient au récepteur, mais il y parvient « transformé ».

Dans son essai Théorie de la poéticité, Jean Cohen, fait une remarque très intéressante à propos de l’arbitrarité du langage et de la dualité du signe :

 

Là est le sens profond de l’arbitraire saussurien, où le signe s’annonce paradoxalement à la fois comme unité et dualité. Unité puisqu’il n’est pas de signifié sans signifiant, mais dualité puisque le signifié implique un signifiant, main non pas tel signifiant.[7]

 

A propos de  l’arbitrarité du « signifiant » Richterova nous explique la logique des pièges de la communication dans les romans de Kundera : une fois conçu par l’émetteur, le message lui échappe et acquiert un statut autonome :

 

La dinamica dei racconti segue questa logica : il protagonista invia agli altri un messaggio, una parola, un gesto, racconta una storia inventata o addirittura inventa una lingua ; lo fa solo per giocare o per scherzare, ma il segno una volta nato acquista sempre un'autonomia inaspettata, prende il sopravvento sul mittente e, lavorando “per conto proprio”, semina all’intorno errori e disgrazie. Detto in termini semiotici – o di psicologia lacaniana – il “signifiant” prevale sul “signifié”.[8]

 

Richterova fait ici des remarques très importantes. Avant tout, elle souligne le caractère enjoué qui est souvent à la base des actes verbaux chez Kundera mais qui ne sera pas compris comme tel : le rire, le jeu, la plaisanterie ne sont pas compris par ceux qui « se prennent au sérieux » et qui voient dans l’ironie un élément dangereux, car « c’est une rouille qui corrode tout ».[9]

Richterova met aussi en évidence le caractère autonome du message : une fois parti, l’émetteur ne pourra rien faire pour le rattraper, le corriger, l’arrêter. Son acte verbal lui a échappé et est désormais devenu indépendant. Le message aura pris le dessus de l’émetteur, et toutes les conséquences qu’il entraînera – le plus souvent, catastrophiques – seront impossibles à éviter. L’émetteur sera piégé par son propre message.

En effet, il serait possible de convenir que tous les erreurs d’interprétation dans les romans de Kundera sont en effet dues à l’autonomie du signifiant par rapport au signifié et à l’émetteur du message.

Il n’est plus, chez Kundera, une langue adamique exigeant un rapport biunivoque entre le mot et la chose : le langage est devenu totalement arbitraire et polysémique. Les mots de Richterova sur La Plaisanterie pourraient s’appliquer plus au moins strictement à tous les romans de Kundera :

 

In ogni parola, atto o personaggio dello Scherzo si dipana continuamente una molteplicità di significati ; tutti i motivi e gli episodi sono soggetti a interpretazioni diverse, l’equivoco e il malinteso in fondo altro non sono che un aspetto superficiale della polisemia.[10]

 

La Plaisanterie nous offre en effet plusieurs exemples des pièges de la communication : chaque situation y est interprétée de façon différente par les protagonistes ; Helena croit Ludvik amoureux d’elle, tandis qu’il est seulement en train de réaliser son mesquin projet de vengeance en faisant cocu son ancien ennemi : les dialogues entre les deux sont en fait un équivoque au carré. Comme il en est souvent question dans les romans de Kundera, les deux emploient deux « codes » différents : la lyrique Helena ne peut comprendre le prosaïque Ludvik.

Le message, indépendant de sa source (l’émetteur), acquiert donc un sens (signifié) toujours nouveau et différent dès qu’il rejoint son destinataire (le récepteur). Cette autonomie du message est déterminée par l’indépendance du signifiant par rapport au signifié: le signifiant reste figé, toujours identique, tandis que les signifiés sont multiples et polymorphes, et changent selon les différents codes des récepteurs.

Par conséquent, ce qui ressort de la lecture des romans de Kundera, est que le mot ne possède plus la faculté de « dire » la chose sans provoquer des incompréhensions.

Ce qui est frappant chez Kundera est que le mot a perdu tout contact avec son référent concret et réel, et qu’il a gagné pourtant une force majeure.[11] Dépourvu de tout attachement à la chose à laquelle il se réfère, le mot a acquis un pouvoir doublé : sa force est telle qu’elle peut rendre vrais les mensonges, et sérieuses les plaisanteries.

On pourrait affirmer que la force du mot, chez Kundera, est inversement proportionnelle à sa capacité de « dire » la chose : plus le mot est arbitraire et indépendant de sa source, plus il est capable d’avoir des effets concrets – on pourrait dire même « catastrophiques » – sur la réalité. Le prouve le fait qu’une plaisanterie puisse, chez Kundera, engendrer des conséquences réelles, qu’un mensonge puisse être transformé en vérité, qu’une phrase mal comprise devienne le leitmotiv d’une histoire catastrophique, malgré les efforts de l’émetteur pour la corriger.

Le « vocabulaire sémiotique » nous aide donc à mieux comprendre le réseau des rapports entre le mot et la chose chez Kundera : le message, formulé clairement par l’émetteur, est pourtant « dyslu » par le récepteur.

Ce qui reste est un langage totalement arbitraire qui prend le dessus sur les parlants et se charge, malgré son émetteur, de significations multiples et complètement indépendantes de sa volonté. Comme Richterova l’a remarqué, les problèmes de la communication humaine chez Kundera pourraient se traduire par une métaphore sémiotique : le signifiant l’emporte sur le signifié.

 

La troisième partie de L’insoutenable légèreté de l’être, “Les mots incompris”, constitue une étape importante dans la réflexion kundérienne. Elle est composée par un petit lexique de mots incompris, qui montre, de façon hyperbolisée, les pièges de la communication, la polyvalence et l’arbitrarité du langage et le manque d’un rapport biunivoque entre le mot et la chose.

Les problèmes de la communication y sont ici représentés par les incompréhensions entre deux personnages, Sabina et Franz : comme dans les fragments d’un miroir, nous y voyons réfléchi toutes les pièges « sémiotiques » qui couvrent les romans de Kundera. Les réflexions de Umberto Eco sur l’emploi des codes différents dans la communication, peuvent donc s’appliquer aussi aux romans de Kundera. Au cours de l’un de ses passages d’auto-critique Kundera lui-même, dans L’Insoutenable légèreté de l’être, nous explique l’importance de ce qu’il définit  le fleuve sémantique :

 

On  peut sans doute mieux comprendre à présent l’abîme qui séparait Sabina et Franz : il l’écoutait avidement parler de sa vie, et elle l’écoutait avec la même avidité. Ils comprenaient exactement le sens logique des mots qu’ils se disaient, mais sans entendre le murmure du fleuve sémantique qui coulait à travers ces mots.

C’est pourquoi, quand Sabina se mit le chapeau melon sur la tête devant lui, Franz se sentit gêné comme si on lui avait parlé dans une langue inconnue. Il ne trouvait ce geste ni obscène ni sentimental, c’était seulement un geste incompréhensible qui le déconcertait par l’absence de signification.

Tant que le gens sont encore plus au moins jeunes et que la partition musicale de leur vie n’en est qu’à ses premières mesures, ils peuvent la composer ensemble et échanger des motifs (comme Tomas et Sabina ont échangé le motif du chapeau melon) mais, quand ils se rencontrent à un âge plus mûr, leur partition musicale est plus ou moins achevée, et chaque mot, chaque objet signifie quelque chose d’autre dans la partition de chacun.[12]

 

 

La métaphore du « fleuve sémantique » nous montre donc qu’il ne s’agit pas de comprendre « le sens logique » des mots, mais de leur attribuer leur juste signification. Kundera rattache les incompréhensions entre les deux personnages – qui ne relèvent pas seulement du langage – à leurs expériences très différentes, c’est-à-dire à ce qu’il définit leur « partition musicale ». Sabina est une émigrée pragoise, Franz est suisse. Ils ont vécu leur vie de façon tout à fait différente, et, par conséquent, ils rattachent aux mots des significations tout à fait différentes.

Il s’agit donc d’une différence existentielle qui charge les mots d’une différence sémantique. Mais s’agit-il seulement, demanderons-nous pour finir, d’un problème d’expériences différentes ? Pourrait-on voir dans ce dictionnaire des mots incompris les problèmes qu’entraîne « le choix d’une autre langue »? 

On pourrait répondre  que la question du langage chez Kundera dépasse ce choix. Nous retenons à ce propos une très intéressante remarque de Voisine-Jechova qui touche au cœur du problème :

 

Par les biais de la conscience langagière, l’auteur saisit souvent l’incompatibilité de la vision du monde et l’étrangeté foncière des gens dont l’expérience émotive baignait dans des sources différentes. L’emploi d’une langue étrangère ne représente ici qu’un cas limite de l’incompréhension envahissant la société qui cesse de communiquer, et cela non seulement en utilisant des langues différentes.[13]

 

Il faut donc souligner, comme Voisine-Jechova le fait, que le choix d’une autre langue n’est qu’un « cas limite » dans les romans de Kundera, car le but de l’écrivain est de peindre l’incommunicabilité présente à tous les niveaux de la communication, et non seulement entre langues différentes.

Il serait donc erroné de s’arrêter à des affirmations superficielles : la différente provenance des deux personnages ne fait qu’hyperboliser l’incompréhension constante qui agit dans toute langue et à chaque niveau. Kundera le montrera dans ses romans à suivre, notamment dans L’Immortalité, où il n’est plus du tout question de « l’expérience tchèque ».

 

Les multiples facettes des mots : sens inhérent et sens afférent

 

Le « petit lexique de mots incompris » constitue l’un des passages les plus significatifs dans l’œuvre de Milan Kundera et figure comme le noyau central du travail onomaturgique de l’écrivain.

Dans ce petit dictionnaire des incompréhensions langagières Kundera nous montre les pièges de la communication dans le monde contemporain par les incompréhensions « spécifiques » entre deux personnages, Sabina et Franz.

Il est évident que les problèmes de la communication et les incompréhensions entre les deux ne reposent pas sur des raisons purement linguistiques : comme il ressort de ce schéma, les deux personnages ne remettent pas une question le sens inhérent du mot, à savoir son sens premier : en effet ni Franz ni Sabina mettent en doute le trait inhérent de femme /sexe féminin/. Le problème est évidemment ailleurs. Et précisément dans l’attribution sémantique que chacun en fait à partir du signifiant donné, c’est-à-dire dans l’attribution des sens afférents.[14] Comme le dirait Rastier, il n’est pas question ici de l’opération interprétative de l’actualisation, mais de celle de la virtualisation, le procès qui entraîne, d’après Saussure, la mémoire associative.[15]

Dans son essai Théorie de la poéticité, Jean Cohen nous explique les pièges que peuvent entraîner différentes compétences linguistiques et culturelles :

 

Les associations personnelles jouent leur rôle à la fois au niveau de l’encodage et du décodage. Pour que se produise la résonance, encore faut-il que le résonateur soit accordé.[16]

 

Ce qu’il est possible de remarquer dans cette étude du « petit lexique de mots incompris » est que, encore une fois, le message est autonome et le signifiant l’emporte sur le signifié au point que chacun peut y attribuer un sens différent.

Ce qu’il ressort du petit lexique des mots incompris, est en effet la frappante arbitrarité du langage qui entraîne des malentendus capables de produire des revers catastrophiques.

            Dans cette revue d’incompréhension, nous voyons réfléchie tout entière la quête d’identité qui couvre la littérature de nos jours, et dont les pièges du langage et son arbitrarité ne sont que le miroir hyperbolisant.

            Evidemment, les failles de la communication et les problèmes qui en découlent ne sont qu’un instrument dont Kundera se sert pour montrer « la fragilité, la polyvalence et les limites de l’existence humaine ».[17]

 

Empruntant le vocabulaire saussurien on peut donc affirmer que chez Kundera le « signifiant » prévaut sur le « signifié ». En effet, tandis que le « signifiant » reste apparemment identique, les mots acquièrent des sens toujours nouveaux dès qu’ils rejoignent le récepteur. Résultat : le message devient presque toujours malentendu.

Il serait possible de convenir d’une définition encore plus précise, en remarquant que l’acte communicatif est chez Kundera un véritable acte performatif qui peut avoir des conséquences réelles et parfois catastrophiques sur la réalité, en font la preuve les passages étudiés qui nous ont montré les pièges sémiotiques de tout acte de communication.

Comme David Lodge l’a affirmé : « Every decoding is a new encoding. »

 

Bibliographie

 

Œuvres de Milan Kundera :

 

La Plaisanterie, roman ; écrit en tchèque (Žert) ; achevé en 1965 ; première édition, Prague, Ceskoslovenky spisovatel, 1967.

 

Risibles amours, nouvelles ; écrites en tchèque (Směšné Lásky) ; achevées entre 1958 et 1968 ; première édition complète, Prague, Ceskoslovensky spisovatel, 1969.

 

La vie est ailleurs, roman ; écrit en tchèque (Život je jinde) ; achevé en 1969 ; première édition en traduction française,  Paris, Gallimard, 1973.

 

La valse aux adieux, roman ; écrit en tchèque (Valčík na rozloučenou) ; achevé en 1970 ; première édition en traduction française, Paris, Gallimard, 1976.

 

Le livre du rire et de l’oubli, roman ; écrit en tchèque (Kniha smíchu a zapomně) ; achevé en 1978 ; première édition en traduction française, Paris, Gallimard, 1979.

 

L’insoutenable légèreté de l’être, roman ; écrit  en tchèque (Nesnesitelná lehkost bytí) ; achevé en 1982 ; première édition en traduction française, Paris, Gallimard, 1984.

 

L’art du roman, écrit en français ; achevé en 1985 ; première édition, Paris, Gallimard, 1986.

 

L’immortalité, roman ; écrit en tchèque (Nesmrtelnost) ; achevé en 1988 ; première édition en traduction française, revue et authentifiée par l’auteur, Paris, Gallimard, 1990.

 

Les testaments trahis, écrit en français ; achevé en 1992 ; première édition, Paris, Gallimard, 1993.

 

La lenteur, roman ; écrit en français ; achevé en 1994 ; première édition, Paris, Gallimard, 1995.

 

L’identité, roman ; écrit en français ; achevé en 1996 ; première édition en traduction islandaise, Reykjavik, Mal og Menning, 1997. Edition française, Paris, Gallimard, 1997.

 

L’ignorance roman ; écrit en français ; première édition en traduction espagnole, Madrid, Tousquet, 2000. Edition française, Paris, Gallimard, 2003.

 

Ouvrages consacrés à l’œuvre de Milan Kundera

 

BRAND, Glen, Milan Kundera – An annotated bibliography, New York/London, Garland Publishing, 1988.

 

ČULÍK, Jan, “Czech Emigré Literature – An attempt at a definition”, <www.arts.gla.ac.uk/slavonic>, orig. “Tschechisches literarisches Leben im Exil 1971-1989: Versuch eines Bestandsaufnahme”, Im Dissens zur Macht: Samizdat und Exilliteratur der Laender Ostmittel - und Suedosteuropas, Berlin, Akademie Verlag, 1995. (On remercie l’auteur pour les données bibliographiques.)

 

LE GRAND, Eva, Kundera ou la mémoire du désir, Paris, Montréal, XYZ/L’Harmattan, 1995.

 

MAIXENT, Jocelyn, Le XVIIIe siècle de Milan Kundera ou Diderot investi par le roman contemporain, Paris, PUF, 1998.

 

MC EWAN, Ian, “An interview with Milan Kundera”, Granta, n° 11, 1984.

 

MISURELLA, Fred, Understanding Milan Kundera: public events, private affairs, Columbia, University of South Carolina Press, 1993.

 

NEMCOVA BANERJEE, Maria, Terminal Paradox. The Novels of Milan Kundera, New York, Grove Weidenfeld, 1990. Paradoxes terminaux (trad. Nadia Akrouf), Paris, Gallimard, 1993.

 

O’BRIEN, John, “Milan Kundera: Meaning, Play, and the Role of the Author”, Critique: Studies in Modern Fiction, n° 34, 1992.

 

OPPENHEIM, Lois, “Clarifications, Elucidations: An Interview with Milan Kundera”, The review of contemporary fiction, vol. 9, n°2, été 1989.

 

PICHOVA, Hana, The Art of Memory in exile. Vladimir Nabokov and Milan Kundera, Southern Illinois University Press, 2002.

 

_________, “The Narrator in Milan Kundera’s The Unbearable Lightness of Being”, Slavic and East European Journal, vol. 36, n°2, été 1992.

 

RICHTEROVA, Sylvie, “I romanzi di Kundera e i problemi della comunicazione”, Strumenti critici : rivista quadrimestrale di cultura e critica letteraria, n° 45, juin 1981.

 

RIZEK, Martin, Comment devient-on Kundera?, Paris/Montréal, L’Harmattan, 2001.

 

VOISINE-JECHOVA, Hana, “La langue souterraine. Quelques réflexions sur l’œuvre de Jean Kolar, Vaclav Jamek et Milan Kundera”, Revue de littérature comparée, n° 273, janvier-mars 1995.

 

Théorie générale :

 

COHEN, Jean, Théorie de la poéticité, Paris, José Corti, 1995.

 

DESSONS, Gérard; MESCHONNIC, Henri, Traité du rythme, Paris, Dunod, 1998.

ECO, Umberto, Lector in fabula, Milano, Bompiani, 1979.

 

____________, I limiti dell’interpretazione, Milano, Bompiani, 1990.

 

GAUVIN, Lise, “L’imaginaire des langues : du carnavalesque au baroque”, Littérature, n° 121, mars, 2001.

 

GENETTE, Gérard, Mimologiques. Voyage en Cratylie, Paris, Editions du Seuil, 1976.

 

RASTIER, François, Sémantique interprétative, Paris, P.U.F., 1987.

 

VOISINE-JECHOVA, Hana, “Peut-on choisir sa langue?”, Revue de littérature comparée, n° 273, janvier-mars, 1995.

 

 



[1] Petr A. Bilek, “Reintegrating Europe : Perception of Literature and Culture of East and West as a Series of creative Misunderstandings”, <www.edu/depts/europe/conferences/ACL98/bilek.html> 

[2] Tout au long de notre étude nous exploiterons ce terme, calque de l’anglais misreadings, pour indiquer les aspects problématiques de toute lecture.

[3] Voir à ce sujet la lettre de Kundera à André Clavel, Journal de Genève, 17-18, janvier, 1998. « Quand je parle en français, rien n’est facile, aucun automatisme verbal ne me vient en aide. Chaque phrase est conquête, performance, réflexion, invention, aventure, découverte, surprise, et chaque tournure revendique ma totale présence d’esprit. Le français ne remplacera jamais la langue de mes origines ; c’est la langue de ma passion. »

[4] Silvie Richterova, “I romanzi di Kundera e i problemi della comunicazione”, Strumenti critici : quadrimestrale di cultura e critica letteraria, n° 45, giugno, 1981. “All’inizio di ogni romanzo e di quasi tutti i racconti di Kundera sta un atto verbale”, p. 313.

[5] Umberto Eco, Lector in Fabula, Milano, Bompiani, 1979, p. 53.

Il est possible de formuler cette loi dans un slogan : la compétence du destinataire n’est pas nécessairement celle de l’émetteur. On a déjà critiqué largement le model communicatif vulgarisé par les premiers théoriciens de l’information : un Emetteur, un Message et un Destinataire, dont le message est aussi bien engendré qu’interprété sur la base d’un Code. Et désormais nous savons que les codes du destinataire peuvent varier, entièrement ou en partie, de ceux de l’émetteur, que le code n’est pas une entité simple mais plus souvent un complexe système de systèmes de règles, que le code linguistique n’est pas suffisant pour comprendre un message linguistique (…)”. C’est nous qui traduisons.

[6] Voir à ce sujet ECO, Umberto, Trattato di semiotica generale, pp. 196-200.

[7] Jean Cohen, Théorie de la poéticité, op. cit., p. 35.

[8] Ibid., p. 313.

[9] La plaisanterie, Paris, Gallimard, 1985, p. 345.

[10] Sylvie Richterova, op. cit., p. 315.

[11] Ibid., “Il momento scatenante di ogni intreccio è la parola arbitraria promossa a fatto reale.”, p. 333

[12] L’insoutenable légèreté de l’être, op. cit., p. 132.

[13] Hana Voisine-Jechova, « La langue souterraine », op. cit., p. 50. C’est nous qui soulignons.

[14] François Rastier, op.cit., p. 45.                                                                                                                                   

[15] Ibid., p. 81.

[16] Jean Cohen, Théorie de la poéticité, op. cit., p. 162.

[17] Hana Voisine.Jechova, « La langue souterraine », op. cit., p. 54.